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Dans le cadre du contrat local d’éducation artistique (CLEA), cinq artistes interviennent dans les établissements scolaires de l’agglomération. Rencontre entre un conteur et 25 élèves de C.P. autour de la légende du Reuze.

Le rendez-vous était donné, en ce vendredi après-midi, à l’école Joliot-Curie de Cappelle-la-Grande. Un rendez-vous que les 25 élèves de C.P. d’Emmanuel Durieux n’avaient pas oublié, frétillant d’impatience dans le couloir. « Il y des artistes dans la classe ! C’est eux, les artistes ? » Des artistes ? En fait, il y en avait un, Alan Payon, conteur et auteur, plus un journaliste et un photographe. Des nouvelles têtes dans la classe, ça fait monter l’énervement. Après avoir calmé les enfants et expliqué qui était présent, Monsieur Durieux les fait entrer. Les « bonjour ! » s’échangent, ils s’asseyent à leurs tables et dévorent des yeux Alan. Voilà l’artiste.

Un moment pas si dramatique

En guise d’introduction, le conteur interroge les enfants. « C’est quoi, un artiste ? » De fil en aiguille, de réponses candides en précisions, Alan Payon les amène à découvrir son métier, celui d’auteur dramatique. La timidité du début s’efface vite. Si le cirque ou le cinéma sont connus, le théâtre semble moins familier, et encore moins les différentes fonctions au sein d’une troupe : comédien, créateur lumière, écrivain, costumier, habilleur…

Les Reuzes revisités

Le moment est venu pour la lecture d’un conte. « C’est une farce qui se base sur la légende du Reuze » explique Alan Payon, « écrite par les classes de C.M.2, C.M.1 et C.E.2 de l’école. Vous voulez l’entendre ? » Le oui est sonore et unanime. La lecture est ponctuée de gestes, d’interpellation des élèves, de rires, de cris. « Vous allez maintenant dessiner les personnages de l’histoire, pour pouvoir les utiliser dans un théâtre de papier » annonce Alan. La légende du géant Allowyn et de la fondation de Dunkerque n’était pas connue des enfants, mais ils s’en emparent avec bonheur.

Conquérir le public

« Ce qui est intéressant, c’est la rencontre entre le monde d’Alan et celui des enfants » glisse Emmanuel Durieux. « Ils sont confrontés à du vocabulaire compliqué, à des choses qu’ils ne connaissent pas. C’est tout le défi d’adapter le discours pour les emmener. Il faut essayer, tâtonner. C’est un espace d’expression et de liberté, les C.P. sont à un âge où ils osent encore. » De son côté, pendant que les enfants crayonnent, Alan apprécie l’expérience : « C’est pour faire ce type d’intervention que j’ai postulé au CLEA. Il est important de sortir des lieux de culture, où on parle devant un public conquis d’avance. Je me rappelle qu’au C.M.1, une écrivain est venue dans la classe ; c’est cette rencontre qui m’a fait choisir mon métier. Si au cours de ces interventions je peux éveiller ne serait-ce qu’une vocation, ce serait formidable. »

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