"Les palmiers, c'est rare" disent les enfants du grand Nord

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Réponse à Madame Royale, qui veut que les intermittents fassent des tâches...



Madame Royale, secouez-vous le tailleur et ouvrez les yeux, des tâcherons, on en est déjà ! 

Des tâcherons de l'éducation populaire, dans les écoles déjà, des petits aux plus grands, dans les prisons aussi, là où pas grand monde veut aller, dans les hôpitaux, les maisons de retraite, auprès de tout ceux que la société marginalise, on nous envoie, nous intermittents, pour nous faire mériter les subventions cacahuètes qu'on nous donne pour faire nos spectacles. Maintenant il faudrait en faire davantage pour mériter nos indemnisations, que nous touchons car comme tout salarié, nous avons cotisé, des cotisations qui s'avèrent, qui plus est, être bien supérieures à celles du régime général. Et on a qu'à faire tondre les pelouses aux bénéficiaires du RSA, non ? Vous en pensez quoi vous de ça, vous petit mammouth de la gauche qui penche à droite ? 

Réveillez-vous Madame Royale, et occupez-vous de votre Ministère, réveillez-vous, ou allez dormir un peu, mais réfléchissez avant de parler !
Oui, je suis un fervent partisan des systèmes de création participative, où artistes et habitants d'un territoire créent ensemble, grâce à tel ou tel projet inventé par les techniciens de la culture de telle ou telle collectivité. 
Il y a quelques mois, j'ai entamé un dialogue étroit avec la DRAC de la région dont je dépends, dialogue où je soulevais ces questions, montrais les incohérences du système de ce qu'on appelle l'action culturelle ou encore la médiation. La conseillère théâtre a relayé, et j'attends toujours le tour d'écriture de sa direction, pour poursuivre la réflexion. Oh, mais ma compagnie n'est pas conventionnée, je n'ai fait que quelques spectacles, ma compagnie est précaire, je n'ai pas de nom, alors à quoi bon s'échiner, hein ? Nos mamans nous ont bien dit de ne pas parler aux inconnus, hein ?

Pour réussir à faire vivre le Pont volant, puis Les enfants sauvages, je passe plus de temps à faire des ateliers qu'à écrire, ou à être sur scène avec mes camarades. C'est une réalité pour beaucoup de petites compagnies qu'on appelle émergentes. Elles sont là, elles travaillent avec les institutions, mais ces partenariats qui les aident à créer et diffuser leurs spectacles ont un prix, un prix qui se calcule en nombre d'heures, en énergie. S'ajoute à cela que ces heures d'ateliers ne peuvent légalement pas être en payées au régime de l'intermittence, alors tous, nous grugeons, car sans ce régime, pas d'indemnité, et qui dit pas d'indemnité, veut souvent dire pas de spectacle. C'est ces mêmes tâches qui nous rendent illégaux. Et tous trichent, théâtres, compagnies, festivals, tous, sans exception. Sinon, il n'y aurait aucun artiste intermittent dans les écoles, ou partout où ils pourraient partager quelque chose. 
Sans compter qu'un artiste n'a pas forcément de formation de pédagogue, il est, souvent, en tout cas, moi je le suis, complètement autodidacte sur la façon dont il va partager ses pratiques théâtrales dans les divers ateliers qu'il anime.

Nos ateliers de médiation culturelle, bien-sûr, nous le faisons avec coeur, joie, allégresse, c'est toujours beau, humain, éminemment enrichissant d'aller à la rencontre de... Personne ne dit le contraire. 
Comment pourrions-nous nous plaindre ? Il est normal quand on est une jeune compagnie de réaliser un certain nombre d'heures de médiation en contrepartie d'une co-production. Oui, on peut considérer que c'est du donnant-donnant. Et encore... Mais pourquoi un intermittent devrait, sur son temps de recherche d'emploi (et les intermittents, comme la plupart des travailleurs d'ailleurs, ne comptent évidement pas sur votre Pôle Emploi pour trouver du boulot) retourner dans les écoles de façon entièrement bénévole ? Pourquoi le mec au RSA n'irait pas faire un atelier pâte-à-sel, ou bricolage, ou philosophie même, vous les prenez simplement peut-être pour des abrutis ? Non, Madame Royale ? Ca vous dirait un thé avec des RSAistes, ou des SMICards ? On pourrait créer une asso et monter des ateliers sympas... Au moins, on arrêterait d'utiliser l'argent du contribuable comme des branleurs ! Non, Miss Royale ? Ca te dit pas ?

Ce qui est vicieux, c'est ton discours Madame Royale, ce qui est vicieux, c'est même pas ton entre-jambe, c'est ton entre-ligne Miss Ringoss !

Non, je ne suis pas instituteur, mais j'ai du passer plus de 100 heures à l'école sur 2013 / 2014, et rebellotte cette saison, et non, je ne suis pas infirmier, ni aide-soignant, rien de tout ça, je fais juste des spectacles, j'essaie, avec ma petite compagnie, de survivre. Des ateliers pour des subventions, d'accord, mais pour avoir droit à mon chômage, comme n'importe qui ? Pourquoi ? Tu es clivante et insultante, Miss Bravitude !

Pourtant, oh oui, j'aime faire des ateliers, faire marrer des bambins aux mines réjouies, j'aime ça, assister bouche bée à l'explosion de leur imaginaire, j'aime ça, ça me nourrit ça me sauve de cette pauvre France que ton ex et toi nous dessinez depuis presque trois ans. Pourtant, t' sais, j'ai voté pour toi, et pour lui ensuite. Vraiment, tu dis des conneries plus grosse que Mister Flamboux, y'a rien de plus beau que de partager avec le public les questions qui nous taraudent (si, y'a le faire sur scène ^^), mais vraiment, vraiment, attention, attention à une France qui s'avoue vaincue parce que son école n'éduque plus personne, attention à une France qui va demander aux artistes de devenir des enseignants. 


L'artiste n'enseigne pas, non, il représente, il dérange, bouscule, surprend toujours, émeut, il permet de se resingulariser face à une culture de masse, et la liste est bien longue.
Bon, je vous laisse, j'ai des ateliers en maison de retraite à préparer.

Lettre aux Zikoss, pour "Le sable" à la Saturday Night Puppet du Festival - 365

Chris, Danny, et Marianne (pour que tu traduises le Payon, car tu commences à parler la langue à force...)

Déjà, je plante le décor, moi je suis orange cuivré, de la tête au pied. Je brille. Autour de moi, il y a un parasol et des sceaux en plastique avec lesquels les gamins jouent sur la plage, tout ça, du même bleu que mes lèvres, de même bleu que mes vingts charmants ongles, du même bleu que mon moule-boule qui me fait un super-paquet de ouf, du même bleu que la super-vilaine : Mystique. 

Et il y a vous, je pense, en mode Hawaï ringoss genre Las Vegas Parano, vous, et vos instruments. Je pense aussi, un peu à la Martin Margiela (un créateur de mode), on voit pas vos petites gueules, vous êtes en mode braquage, un collant sur la face. 

Bon, les gars, voici ce fameux mail avec les indications de mise en scène, il est là je me lance. Pour vous inspirer le coquelicot... Hein, après on en reparle, autour d'une bonne bière de chez nous. 

J'y vais, je vais parler en terme de ressentis, de ce que ce drôle de petit pestacle est censé nous faire à nous, et au public qui le regarde. A vous de traduire ça en musique. 

Au début, c'est vous les stars, quand le public entre, ça joue déjà. Moi, je suis en place, sur mon transat, à l'envers, les jambes et les bras en l'air. En fait, si on me regarde, j'ai la forme d'un U, sur un transat. Ce que je joue, ce qui se passe dans ma tête à ce moment là, c'est que je suis là depuis 1000 ans, coincé sur mon transat, à prendre le soleil, je l'ai tellement pris que je suis orange bordel, je brille sa mère ! Ce que je fais, c'est que je tends les paumes de mes mains et de mes pieds vers le soleil (les projos plutôt) pour les faire bronzer. Bon, ça ce que je m'imagine moi, mais je pense que j'ai l'air d'un con puissance 1000. Mais ça me va. 

La musique là, ça doit être un truc où on a l'impression que le temps s'est arrêté. Un truc qui plane. Presqu'angoissant peut-être. Ca dure un bout, genre 3 minutes. Moi pendant l'entrée en salle des pestateurs, et sur toutes ces à peu près 3 minutes, j'effectuerai des petits mouvements de rotations, vraiment minus, presqu'invisibles, selon ce que vous jouerez. Au bout de ce temps du début, je devrais commencer à trembler des membres (essayez et vous verrez). C'est ça notre top. Quand je commence à trembler, je me laisserai couler sur le transat, toujours à l'envers, je commencerai à dire le texte.

Cette partie là :

il y a le sable - il y a la douceur - et du sable - et de ta peau - du sable sur ta peau - quand ma main passe sur ta peau, avec le sable, ça te gratte ? - ça t’exfolie ? - ça te mange les petites peaux mortes ? - ça te gratte ? - il y a le sable ici - la douceur - les pieds qui s'enfoncent dans la douceur - tu connais ça ? - le sable ça sent particulier le sable chaud, non ? - ça sent tous les pieds enfoncés dans le sable depuis des millénaires - j'aimerais être une petite bête qui vit dans le sable - pour être dans tes cheveux - et sur ta peau je me ferai griller avec le monoï - ça serait enivrant - ça serait ma drogue - j'aimerais être une petite araignée transparente - un acarien - j'aimerais être une petite bête de sable pour manger toutes les petites peaux mortes entre tes orteils - j'aimerais ça - par dessus tout


Cette partie est assez sensuel, ce que je joue est plutôt doux. Bon, avec la dégaine que je me tape c'est sans doute effrayant et je dois avoir l'air d'un sacré ouf, mais non, moi, de l'intérieur, je dis tout ça comme une caresse. L'évocation "des petites peaux mortes entre tes orteils" est pour ce personnage quelque chose de très intime, presque érotique en fait, comme parler de son parfum à la personne qu'on aime.

L'hormone que dégage la sudation des pieds est la plus proche de l'hormone sexuel. D'où les fétichistes des pieds (il y en a beaucoup, genre les mecs qui se branlent dans les baskets).

(Bon, y'a un gros côté foncedé aussi, génération MDMA... c'est planant de toute façon.)

Sur toute cette partie, il faut trouver une harmonie entre ce que vous jouez, et ce que je joue. Une écoute. Mais de toute façon, je vous le dirai une fois avant qu'on s'y mette, pour que vous vous le mettiez bien dans l'oreille.


A la fin, dès "j'aimerais ça - par dessus tout", là ça part, c'est rock n' roll presque, à vous de voir, en fait, après ce temps de caresses sensuels, faut leur botter le cul, à eux public, et à moi. Sur la zik, j'effectuerai ma fameuse danse de la jambe qui porte pas. De la jambe qui veut s'enfuir du corps. C'est un truc qui me turlupine ça, la jambe qui porte pas un corps. Qu'est-ce qu'elle devient ? Vive les parties de jambes en l'air les mecs.

Mais là, c'est votre moment, moi je suis à votre service, n'oubliez pas, on se créera un cadre, mais un cadre d'impro. Tout partage en couille est bienvenu, recherché, salutaire au paysage théâtral de ce pays sclérosé par sa propre histoire grandiloquente de nos 6 (2X3 = 6) !

Bref, moi, t'inquiétez pas, je suivrai.

Bon, ça dure pareil, 2 - 3 minutes, à voir... A la fin, je me laisse couler complètement hors du transat. Là c'est silence totale.

Et là, je chope mon putain de poulpe, et je danse avec lui. Sur cette danse, je dis la deuxième partie du texte :


quand j'étais petit je n'aimais pas ça le sable - je rêvais de galets ronds que je pouvais peindre - je faisais des pieuvres, je rêvais de kraken géant aux tentacules qui me goberaient les testicules - un kraken un brin kawaï amateurs de castagnettes - un kraken craquant un brin coquin - un poetic kraken quoi - plus tard, à Torre de Lago, j'ai goûté la salade de poulpe et j'ai adoré - j'ai adoré la texture caoutchouteuse de cet invertébré qui ployait sous l'effet dévastateur de ma mastication - shark shark - je mâchais le kraken adoré de mon enfance


Sur ça, moi je galère pas mal, en gros je suis sur le dos, je tiens des tentacules dans mes deux mains et mes deux pieds, et le poulpe me crache son encre sur la gueule... Bon, j'effectue un mouvement de rotation sur le dos, membres tendus... un peu comme au début sauf qu'il y a le poulpe qui se fait écarteler (je pense en faire une salade le lendemain midi).

Sur cette partie précise, lors de la création à Dunkerque, Alain Blesing (le jazzman) et moi avions découpé les phrases, et il jouait le même nombre de notes que je prononçais de syllabes, en ponctuant la fin en me dépassant au niveau sonore. Je suis clair ? 

Je pense que c'est à ce moment là que j'ajouterai l'histoire de couper un poisson, de mettre une barbie dans la moitié avec la queue et de me mettre à chanter la petite sirène... soit là, soit au début... peut-être à la fin. C'est pourri comme idée mais je rêve de faire la petite sirène depuis mes 6 ans... vous me direz ce que ça donne en répétitions... si vous trouvez ça nul, je ferai pas.

En tous les cas, après ça  y'a le gros morceau. Là, perso, moi je suis en difficulté. Mais c'est recherché. Je veux dire, je crie ce qui suit, en crescendo, de plus en plus vite, à la fin, je surventile, c'est très dur. Bon, y'a des moments de silence où je reprends mon souffle. A caler ensemble. Là, faut que vous aussi vous partiez en cacahuètes grillées. Là franchement, je peux pas vous dire trop de truc, c'est à nous de voir ce qu'il est possible de faire ensemble. 

Je me dis même que c'est un présomptueux de ma part de le jouer trois fois dans la soirée... ma pauvre petite voix va prendre une grosse claque, mais je sucerai des pastilles au miel.

Bon, vous remarquerez que ça part en gros délire, c'est assez violent dans ce que ça raconte. Après je pense que ça reste assez léger quand même, vu toute la mise en scène toute chelou.

je disais que je n'ai jamais aimé le sable de mon enfance - il s'insinuait partout et je n'aimais pas ça, vraiment pas, il s'insinuait sous les ongles, dans les oreilles, partout dans les boucles blondes de mon enfance - j'étais un chérubin couvert de sable et je n'aimais pas ça - le sable de mon enfance qui s'insinue dans le maillot de bain qu'on me forçait à mettre arrivé à l'âge de plus montrer son kiki - le sable qui s'insinue dans le kiki - entre le gland et le prépuce - j'étais effrayé - vraiment très effrayé je me disais qu'avec le sable dans mon kiki je risquais un orgelet de kiki alors ça me faisait vraiment peur pour mon kiki - un jour ma mère a eu un orgelet - pas un orgelet de kiki non mais un orgelet orgelet quoi - et ma maman qui d'habitude est le portrait glaviot de Mylène Farmer - je suis vachement fier - ma mère était devenue une putain de mongol de Tchernobyl - putain elle était toute difforme genre manque de chromosomes qui vont bien pour te payer une tête quoi - et ma mère elle s'avait juste baigné et que du sable (même pas du sable mais juste un seul putain de grain de sable kamikaze s'avait glissé dans sa peau pierre) - j'aime pas ça le sable - j'aimais pas ma mère non plus avec sa tête de mongol - avec son oeil en poupée gigogne qu'on aurait pu en cacher 15 dedans - les uns dans les autres là en chantant Libertine - la honte - le sable c'est la honte - c'est putain honteux le sable - le sable impudique se glisse là avant les autres - et ce qui me faisait peur - vraiment très peur - c'est que le sable impudique de mon enfance - c'est des morceaux de dinosaures - des dinosaures c'est pires que le kraken kawaï de mon enfance - des dinosaures c'est des reptiles géants qui devaient foutre les j'tons à mort - des putains de j'tons de chocottes de mes couilles - le sable c'est des putains de cadavres de T-Rex fossilisés réduit en poudre par la force miraculeuse et complètement ouf de Dame Nature - une force miraculeuse qui a lyophilisé ces putains de Longs Coups, de Trois Cornes de mes couilles - qui les a lyophilisé et qu'après ces putains de Dino se glissent dans ma teub ça oui ça fait peur à l'enfance de moi - je suis un chérubin violé par un T-Rex et tout le monde s'en fout et ma mère me laisse me faire tripoter par tout une putain de faune pré-pré-historique et tout le monde s'en fout - c'est des putains de tournantes de reptiles violeurs sur toutes les plages du monde et tout le monde s'en branle - moi je veux des galets ronds - des galets ronds et doux pour faire des dessins dessus et pour leur éclater la gueule au T-Rex de mes couilles - et ce que je dis pas - ce que je dis pas - c'est que le sable - le pire du sable violeur - c'est que le pire c'est dans le cul - tout le monde a putain toujours plein de sable dans le cul - et tout le monde s'en fout putain - tout le monde s'en fout de Denver là qui nous baise à tour de bras de ses petits bras verts et atrophiés de Dinosaure de merde - voilà c'est dit - voilà c'est dit j' te dit - alors non je viendrai pas à la plage plutôt aller cueillir des champignons dans une cave de Bagneux - enlève tes sales pattes -laisse moi tranquille putain - je vais à la piscine je te dis !


Peut-être qu'on peut se retrouver un soir, je vous le dis une fois, et ensuite on essaie de partir en impro guitare / basse / voix, histoire de voire ce que ça donne. 

La bise les sangliers.

A.

Un reportage sur "Les enfants du Pilon" par la télévision belge, de nouveau disponible sur le net

http://www.matele.be/vendredi-01-novembre-2013-les-enfants-du-pilon

POP- HIBISCUS - à la Nuit Blanche de Charleville-Mézières, le 4 octobre 2014


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« Par gazelles et biches des champs

je vous prie

Filles de Jérusalem ne réveillez pas

ne réveillez pas Amour

Avant Envie »






Une production des enfants sauvages

Sur une idée originale d’Alan Payon

texte : Le cantique des cantiques, in La Bible

interprétation et mise en scène : Alan Payon

costume : Marion Bénages

improvisation musicale : Danny Chien et Christophe Da



Les enfants sauvages créent tout spécialement pour la Nuit Blanche une nouvelle performance à la croisée des arts chorégraphique, théâtral et musical.


POP - HIBISCUS s’inspire de l’esthétique des comics américains. Une culture pop où l’on retrouve pourtant les personnages des vieilles mythologies, des vieilles épopées, à l’instar de Thor, d’Hercule ou encore de Wonder Woman, qui n’est autre que la reine des Amazones. 
Dans POP - HIBISCUS, le danseur a des super-pouvoirs, le public entre sans l'église du Sacré Coeur et assiste à sa transformation, d’une fleur d’Hibiscus de 5 mètres de diamètre il devient (presque) humanoïde. 


La musique pulse, les musiciens répondent au danseur et lui permettent de pousser, de grandir, d’optimiser son super-pouvoir, il est là, il vient nous dire, nous chanter, le plus sensuel des poèmes bibliques, mais aussi le plus décrié, il porte le chant d’amour du Roi Salomon et de sa maîtresse, en lui redonnant toute sa sensualité, sa part d’érotisme, comme un appel au monde, une ode à la Création.


Et voici, quelques images de la résidence création-costume, où Alan faisait la petite main de la reine des sauvageonnes, costumière émérite, Marion Benages....

Découpage du premier pétale             IMG_1281.jpg

Marion a sa machine

Les ETC … ECRIVAINS DE THEATRE EN CHANTIER, petit retour sur une résidence d'auteur d'un nouveau genre


10 jours de chantier dramaturgique pour la reprise de mon texte, « Le long de la grand'route »


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Hier encore j'étais au Moulin de Lezay, le Pôle Régionnal Ressource Théâtre en Poitou-Charentes (images ci-dessus). Un lieu dingue, passant, où on croise des habitants, des artistes, et des canards !


Nous sommes six écrivains de théâtre à avoir testé ce nouveau dispositif organisé par le triangle d'or : le Moulin de Lezay, l'Agence Culturelle et la Comédie Poitou-Charentes, six écrivains à avoir voulu mettre un de nos textes en chantier, de réécriture, six écrivains à avoir voulu rompre avec cette nécessaire solitude qu'impose souvent notre pratique.

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Nous avons, et c'est ému que je m'en souviendrai, partagé, nos doutes, nos outils, nos visions du réel et du théâtre, nous avons passé des soirées entière à lire les textes des uns et des autres dans une extrême bienveillance, nous avons bu des litres de vins (surtout moi) et regardé ensemble les étoiles dans les yeux, le cœur et les oreilles, des uns, et des autres.


Nous nous sommes volé dans les plumes, pas celles des coqs, non, celle qui font pousser les langues !

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Je suis, je crois bien, tombé amoureux d'eux tous. Comme il est bon de tomber amoureux d'une écriture, sous un soleil caressant, au milieu d'un marais presque irréel.
J'ai donc eu le plaisir de rencontrer Jérôme Richer (le vrai faux-suisse) avec Défaut de Fabrication, Michel Gendarme (qui ne fait pas que des confitures) avec D'urine et de fer, Pauline Pidoux (poupoupidoux) avec La piste des larmes, Laure Dejean (c'est le ponpon sur la Garonne) avec La mère oiseau et Claire Malbos (ci-dessous) avec A la limite. Avec eux, une semaine d'échange et de partage.

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Chapeauté par Laure Bonnet, l'auteure associée à la Comédie, nous avons donc passé 10 jours d'une résidence un peu particulière... Petit récit :


Un protocole stricte (qui se décollapse pas la nouille):


6 AUTEURS / 6 LECTEURS QUI LE FONT VOLONTIERS !


Les deux premiers jours, nous avons rencontré nos lecteurs, comédien, auteure, éditrice, universitaire, programmatrice, bref un condensé du paysage des personnes et professions que l'on rencontre quand on est auteur... Six lecteurs qui en amont de la résidence, ont épluché nos textes afin de nous faire des retours.


La première matinée, nous, les six auteurs, avons parlé, par tranche d'une demie heure, du texte que nous avions soumis au dispositif. Nous avons rappelé comment ce texte était né, expliqué l'état du travail, les manques à gagner, et surtout, nous avons posé sur la table (heureusement qu'elle était là (private jock, again)) les questions sans réponse pour lesquels nous avions candidaté.


La première après-midi, chaque auteur avait une heure de retours, mais pendant que tout le monde parlait, chacun son tour, après avoir demandé la parole à la maîtresse de cérémonie, lui, notre auteur, se la bouclait grave.


Et donc on est là, à poil, parce que quand on cause de vos écritures, c'est un peu comme si on inspectait votre scrotum, c'est pas toujours très agréable, ça peut mettre le doigt sur (sous?) quelques infirmités pour le moins dramaturgiques … 

Bref, ça peut paraître un peu psycho-(killer)rigide comme règle du jeu, mais quand même, ça permet d'écouter vraiment ce que les lecteurs ont à dire. Eux, ça les oblige à causer que si ils ont un truc intéressant à dire.


Bon le seul bémol, peut-être, c'est quand vraiment les lecteurs, en rebondissant d'argument en argument, se mettent à causer d'un truc à l'ouest, d'un truc que vraiment, on a pas voulu dire ça dans le texte quoi... alors là, on est obligé de se la fermer grave, sinon toutouille... alors on se tait, sage comme une image, et eux, ils disent n'importe-quoi, sans le savoir.


Mais bon, je suis le premier à dire que dans le n'importe-quoi, il y a du trésor, de la perle, de la beauté infinie.


Voilà, le premier jour est passé. Et là déjà, on se connait, parler d'un texte, de textes, en la présence des auteurs, c'est un bon début pour nouer des liens.


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Et là ce qui est beau, dans cette première soirée qui débute, c'est à quel point tout le monde, lecteurs, les autres auteurs aussi, avons un rêve commun, sur le théâtre, et de façon plus précise, et c'est là où le dispositif est génial, sur les textes des uns et des autres.


Même à l'ENSATT, oui, je peux le dire, je ne me suis pas senti à tel point accompagné.
Ce terme d'accompagnement, dans mon travail d'écriture, a pris tout son sens au Moulin de Lezay. 


Oui, c'est là le moment de saluer Laure Bonnet, qui, fine dramaturge, a su rentrer dans nos projets d'écriture, a su analyser, conseiller, sans jamais nous imposer son « rêve » à elle sur nos textes à nous, qui a su, trouver le langage adapté et les outils adaptés à chacune de nos écritures. Et ce, avec une infinie douceur, un sourire comme on en voit peu, à la fois franc et... ce qui me vient, c'est l'odeur de la peau après un bain de soleil. Quelque chose de doux et de présent.


Ensuite, le deuxième jour..


Là on pensait tous que ça serait du big mamouth costaud ! UNE HEURE DE RENDEZ-VOUS EN TETE A TETE AVEC CHACUN DES LECTEURS !


Mais non, c'est passé comme une lettre à la poste, nous avions pu nous rencontrer la veille, alors ça s'est fait naturellement, chacun des lecteurs nous parlait à son endroit, et nous, je pense, faisions le tri dans les infos qu'on nous donnait, les retours. C'était presque comme parlé d'un bon ami en commun.


Et là, quelques rencontres merveilleuses, Marie Vullo, la responsable du Pôle Régional, fine lectrice, la maman du moulin, Sabine Chevallier, la directrice éditoriale des Éditions Espace 34, avec le calme d'un moine boudhiste, elle te démonte et remonte ton moteur dramaturgique en te disant « ça, ça va, ça, c'est quoi ça ? Ça, non ça va pas », toi tu écoutes, ta bouche touche le par terre maintenant, et tu dis « oui, ah ? Tu crois ? », et badaboomboom c'est le tiger dans ton processeur d'auteur !


Puis aussi, pour ne pas tous les citer, mais quand même une petite dernière, Leïla Adham, Maîtresse de conférences à l'Université de Poitiers, je sais pas quoi dire, je suis tombé amoureux, et comme dit Jean-Luc Nancy qui a parfois la harangue facile comme Dédé du bistrot d'en bas : quand on aime, on sait pas ! Non mais si, une lecture aiguisée, un amour et une compréhension des langues, un esprit d'une finesse rare, suffisent à me faire fondre...


C'était bien.


Ensuite, nos lecteurs nous ont quitté, et nous avons eu une semaine pour travailler. Une semaine aussi, où nous nous donnions des conseils, des avis, des ressentis. Une semaine, les mains dans les cambouis dramaturgiques. Une semaine de collectif, d'un vraiment très beau collectif, trop court.


Mon projet ?


Je voulais m'émanciper le bourrichon des contraintes de manipulation et de production aussi, rencontrées sur le temps d'écriture (trop court) de « Le long de la grand'route ».

De trois parties, le texte passera à quatre, de trente scènes, à quarante. La réécriture va surtout me permettre de préciser les enjeux de la famille Davis, qu'on puisse vraiment les voir, le long de la grand'route.
J'ajouterai aussi des scènes de radio, en faisant un travail de cut-up avec les discours de Roosevelt. Dégageant ainsi un nouveau registre pour une parole documentaire. Pourquoi la radio pour Roosevelt ? Parce que c'est le premier président à avoir squatté les ondes, pour diffuser, oui, ce qu'on peut appeler une propagande.
Ensuite, le retravail des scènes de la famille Davis me permettra de retracer chacune de leur trajectoire, du départ de l'Oklahoma, à l'arrivée en Californie, jusque la déréliction. Cela me permettra aussi de laisser voir comment petit à petit, la misère grandissant, les liens entre eux s'effilochent, se perdent.
Bon, faut connaître le texte pour voir où je veux en venir, hein ?
En tout cas, je suis reparti de Lezay avec un plan de travail pour les mois d'été, je pense que le texte sera fini à la rentrée, si je l'emmène avec moi, dans mon baluchon.

Un petit article de presse sur ma participation à l'InédiThéâtre

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Le long de la grand'route, au Festival Marionnettons-nous, aux Théâtres aux Mains Nues

Le 25 mai, s'est joué "Le long de la grand'route", par la compagnie Obtus Obus

Mise en scène par Cécile Vitrant,

assistée d'Amélie Hesbelin,

écrit par mes petites mains,

avec Jessica Hinds et Coralie Maniez

plus d'info ici : 

http://www.lobtusobus.com/#!les-rencontres-de-lobtus-obus-/c23to

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Aujourd'hui j'étais invité à noter l'épreuve de pratique des élèves de l'option facultative Théâtre de l'académie de Reims !

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La ritournelle d'Illias el Amar, à Montpellier

Plus d'infos, en suivant ce lien : 

http://texteencours.wordpress.com/2014/04/06/alan-payon/

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"Choisir l'écume" au FRAC Nord Pas de Calais de Dunkerque

Avec Thibaud Le Maguer, chorégraphe,

et Alan Payon, auteur dramatique

Plasticienne, Rosy Le Bars. 

Photographies de la représentation au FRAC Nord Pas de Calais, le 26 avril 2014 à 20h30

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Un article sur mon CLEA / Une heure avec un artiste (mais non, je ne suis pas conteur !)

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Dans le cadre du contrat local d’éducation artistique (CLEA), cinq artistes interviennent dans les établissements scolaires de l’agglomération. Rencontre entre un conteur et 25 élèves de C.P. autour de la légende du Reuze.

Le rendez-vous était donné, en ce vendredi après-midi, à l’école Joliot-Curie de Cappelle-la-Grande. Un rendez-vous que les 25 élèves de C.P. d’Emmanuel Durieux n’avaient pas oublié, frétillant d’impatience dans le couloir. « Il y des artistes dans la classe ! C’est eux, les artistes ? » Des artistes ? En fait, il y en avait un, Alan Payon, conteur et auteur, plus un journaliste et un photographe. Des nouvelles têtes dans la classe, ça fait monter l’énervement. Après avoir calmé les enfants et expliqué qui était présent, Monsieur Durieux les fait entrer. Les « bonjour ! » s’échangent, ils s’asseyent à leurs tables et dévorent des yeux Alan. Voilà l’artiste.

Un moment pas si dramatique

En guise d’introduction, le conteur interroge les enfants. « C’est quoi, un artiste ? » De fil en aiguille, de réponses candides en précisions, Alan Payon les amène à découvrir son métier, celui d’auteur dramatique. La timidité du début s’efface vite. Si le cirque ou le cinéma sont connus, le théâtre semble moins familier, et encore moins les différentes fonctions au sein d’une troupe : comédien, créateur lumière, écrivain, costumier, habilleur…

Les Reuzes revisités

Le moment est venu pour la lecture d’un conte. « C’est une farce qui se base sur la légende du Reuze » explique Alan Payon, « écrite par les classes de C.M.2, C.M.1 et C.E.2 de l’école. Vous voulez l’entendre ? » Le oui est sonore et unanime. La lecture est ponctuée de gestes, d’interpellation des élèves, de rires, de cris. « Vous allez maintenant dessiner les personnages de l’histoire, pour pouvoir les utiliser dans un théâtre de papier » annonce Alan. La légende du géant Allowyn et de la fondation de Dunkerque n’était pas connue des enfants, mais ils s’en emparent avec bonheur.

Conquérir le public

« Ce qui est intéressant, c’est la rencontre entre le monde d’Alan et celui des enfants » glisse Emmanuel Durieux. « Ils sont confrontés à du vocabulaire compliqué, à des choses qu’ils ne connaissent pas. C’est tout le défi d’adapter le discours pour les emmener. Il faut essayer, tâtonner. C’est un espace d’expression et de liberté, les C.P. sont à un âge où ils osent encore. » De son côté, pendant que les enfants crayonnent, Alan apprécie l’expérience : « C’est pour faire ce type d’intervention que j’ai postulé au CLEA. Il est important de sortir des lieux de culture, où on parle devant un public conquis d’avance. Je me rappelle qu’au C.M.1, une écrivain est venue dans la classe ; c’est cette rencontre qui m’a fait choisir mon métier. Si au cours de ces interventions je peux éveiller ne serait-ce qu’une vocation, ce serait formidable. »

http://www.communaute-urbaine-dunkerque.fr/fr/domaines-dintervention/culture/une-heure-avec-un-artiste/index.html

Le théâtre d'objet à Coudekerque-Branche, chez super Béa

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Hier fut riche en émotion, j'ai donné ma dernière intervention dans la classe de Béa, chez qui j'avais commencé quand je suis arrivé en janvier.

Béa et sa classe ont mené le projet avec ambition, et aucun d'entre eux n'a eu peur deimage__1_.jpeg la découverte de ce que je leur proposais. Béa a écrit des textes pour son petit musée de l'ancien temps, des textes qui font dialoguer de vieux objets avec leurs homologues contemporains, la bouteille lactel et le pot au lait, etc...

Ensuite, à partir des principes de manipulation que je leur avais transmis, ils ont mis en scène une demi-douzaine de saynètes qu'ils m'ont joué rien que pour moi, hier.

L'idée était que je revienne sur la manip', que je redonne deux-trois tuyaux, leur réexplique encore une fois certaines choses (le point fixe, l'organisation des regards...).

KKl__2_.jpegIls se sont tous pris au jeu, et les yeux de Béa, avec des étoiles dedans quand elle regarde ses élèves, c'est beau, ça me rend heureux, immensément heureux d'avoir passé ces trois mois à Dunkerque (y'en reste un entier !).

Quand je suis parti, les enfants m'ont fait un câlin, tous en même temps, on aurait plutôt dit une mêlée de rugby mais bon... moi j'avais déjà renfilé mes lunettes de soleil, mais vraiment, j'avais les yeux tout chose...

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Petite saynète en théâtre d'objet en suivant ce lien :

http://payon.theatre-contemporain.net/public/payon/ck_branche.mp4

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Formation au Théâtre de papier

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Pendant trois samedis, je formerai les anim' de la ville de Grande-Synthe à différentes techniques de construction marionnettique.

Ce samedi 5 avril, le Théâtre de Papier !


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Dans des décors de papier, on peut animer de petites figurines collées à des bâtons type pique à brochette.

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Ainsi, avec des enfants, on peut raconter une histoire... en 2D, et ce, dans un décor qui se transforme au grès de l'imaginaire de chacun.


DSC_0282__800x533_.jpgJ'ai eu le plaisir de rencontrer Mathieu et Christine, qui dirigent les temps peri-scolaires de la ville de Grande-Synthe. Eux deux ? Un duo de choc, on a accroché tout de suite quand on s'est rencontré. Mathieu a à peu près mon âge, il est motivé et curieux de tout. Christine, elle, est la quintessence de la joie de vivre du Nord !

Avec eux, l'idée c'est quoi ?

Eh bien, on sait tous que le CLEA est destiné aux publics de 3 à 25 ans... et vous me direz que les animateurs ont dépassé l'âge (pas tous d'abord !). Eh bien oui, mais du coup, quand je forme 15 anim' à l'art subtil du Théâtre de Papier, c'est à 15 groupes d'une vingtaine de petits grand-synthois que je fais rayonner ma pratique.

Et le Théâtre de Papier, j'adore, c'est simple comme tout, ça coûte rien, et ça illumine l'imaginaire des petits et grands. 

En fait, je leur ai demandé de me raconter un de leur rêve récurrent (il faut bien partir de quelque chose), un rêve qui revient dans leur bobine depuis qu'ils sont bambins.

Tout le monde devait avoir une idée précise du décorum, quel serait le premier plan, le second, le dernier ?

Et ensuite, je leur indiquai au fur et à mesure, comment sortir de leur tête ce fameux songe.

Une des dames m'a d'ailleurs dit, c'est drôle, que maintenant qu'elle avait ce rêve devant les yeux (une chambre en Algérie quand elle était petite), sûrement, elle en était débarrassé, elle ne le ferait plus...

Retour en images :

DSC_0299__800x533_.jpgDSC_0291__800x533_.jpgDSC_0286__800x533_.jpgle cirque de Mathieu

Hors Piste Sanitaire

Avec la section "Hygiène" du Lycée Professionnel Ile Jeanty, nous avons écrit un scénario pour redorer le blason d'une section souvent mal perçue.

Mais nous l'avons fait avec humour !

Bientôt, avec l'ami Fred Touchard, nous tournerons ce joyeux délire... Coming soon

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Hors Piste Sanitaire

Projet des élèves de HPS

1er plan : La course

autolaveuse, Monobrosse balai brosse- 3 filles en tenue pro- en salle poly

fumigènes-rubalise-ceinture pulvé

Travelling

Lara Ch'nord sur le balai réservoir et les deux autres sur autolaveuse et mono brosse, toutes en tenue professionnelle (ceinture, coiffe,chaussures,gants),dans les starting blocks, visages fermés, les fumigènes derrière les machines, Lara chnord envoie des pschitt pschitt érotiques autour d'elle, elle fait sa crâneuse.

Bruits de moteur qui accélère

2ème plan : Début de la course au son de la trompette

musique type Harry Potter

Lara Chnord rame un peu au début puis prend la tête au final. Sa devise : elle arrache tout Lara Chnord !!!

3ème plan : Elle arrache le ruban de sécurité et frime à outrance

4ème plan : Elle enlève sa charlotte sensuellement en faisant un mouvement de cheveux, jets de mousse en arrière plan et musique, ralenti et gros plan sur le visage : elle arrache tout Lara Chnord

5ème plan : travelling sur le public, se moque de Lara Chnord l'accusant de se la jouer

6ème plan : Gros plan sur les deux autres qui sont dégoûtées et qui se mettent aussi à la dénigrer

7ème plan : L’Hécatombe

Lara Chnord pulvérise les filles et le public et une fois que tout le monde est mort elle regarde la caméra, sardonique : Elle arrache tout Lara Chnord

8ème plan : un zombie du public lui tend une enveloppe en gémissant

9ème plan : Lara ouvre l'enveloppe la caméra fixe la page c'est une énigme : MA : celui qui porte les voiles

DA : signifie OUI en russe

GARS : le contraire de FILLE

SCAR : le méchant dans le roi Lion

Elle prend un air débile et appelle le père Fourras gros plan sur le téléphone

« père Fourras c'est trop dur …. »

10ème plan : Madagascar (musique fort boyard)

Lara Chnord arrive sur son autolaveuse

Elle descend et se dirige vers une statue (une grosse tête de Bouddha) en dessous il y a le trésor : une boite chirurgicale avec des instruments « elle arrache tout....

Elle est dégoutée quand elle voit l'intérieur

11ème plan : Elle est dans la salle de conditionnement de stérilisation, elle met la boite en poche, la soude,

elle l'envoie à docteur Mamour de Grey's anatomy via l'autoclave

(musique de série urgentiste et photo de l'acteur)

FIN

Carte Blanche ! Lectures performées, au Bateau Feu, scène nationale de Dunkerque

Lecture

Le Bateau Feu, scène nationale de Dunkerque, me donne carte blanche la semaine du 17 au 21 février, et ce, pour faire découvrir mon travail. Je propose donc un marathon de lectures performées, tous les jours, je lirai un texte différent. 


Au programme :


Le long de la grand'route, fiction documentaire

lundi 17 mars, à 14h (séance scolaire ouverte au public)

http://www.cdnlefracas.com/spectacle/le-long-de-la-grand-route/

Direction la route 66, au cœur de l'Amérique des années 30, pour suivre l'histoire de la grande migration des paysans des grandes plaines. Frappés par la crise, des millions de fermiers endettés ont du quitter leurs terres pour aller tenter leur chance vers l'american dream californien. De ce terrible épisode de l'histoire américaine, le texte retrace une véritable épopée, croisant le destin de tout un peuple arraché à sa terre et celui de la famille Davis, quittant l'Oklahoma, la sécheresse et les tempêtes de poussière.

Cloison, drame inspiré d'un fait-divers

le mardi 18 mars, à 18h30

Amstetten, Autriche, en 2008, l'affaire Fritzl fait la une des médias. Le père, Joseph, a séquestré sa fille Élisabeth pendant vingt-quatre ans. Élisabeth vit dans un bunker avec ses trois enfants issus de l'inceste, Kirsten, 19 ans, Stephan, 18 ans et Félix, 5 ans. Cloison, non pas pour les murs épais qui séparent ces quatre personnes de leur liberté, Cloison pour celles qu'ils ont apprit à construire pour résister à leur drame. Cloison retrace la dernière journée de la famille, avec malgré tout, ses habitudes et ses ballets quotidiens, sortes de rituels mis en place par la mère pour organiser un semblant de vie. Quelque-chose de l'équilibre précaire entre eux quatre va dérailler, qui fera fondre les murs de la prison.

La ritournelle d'Illias el Amar, quête quantique

le mercredi 19 mars, à 14h

Ce conte se passe dans les Univers aquantiques, ces univers (absurdes) sont chapeautés par des Names (c'est un titre honorifique), des sortes de bourgmestres ou de gouverneurs qui gèrent respectivement des parties de l'Univers (quantiques ou non)

Illias el Amar vit au beau milieu de la Nébuleuse du Crabe, qui flotte bellement dans le cosmos. Illias est appelé par la Grande Name du Nabib Oriental pour devenir son apprenti.

Avec pour seul équipement, une gourde, un compas laser et un fil à plomb, sa formation consistera à tracer une ligne dans l'espace, mais une ligne est toujours constituée d'une quantité infinie d'autres lignes, et Illias devra parcourir, l'arborescence des multiplicités...

L'enfant PAN, adaptation

jeudi 20 mars, à 18h30

London, presque. Un matin, dans une chambrée des Piratiers, une maison de redressement pour jeunes déviants, les enfants perdus se rendent compte que Peter a disparu. Poussé par Drilly, son amie imaginaire, il a voulu s'échapper. Il se dit orphelin Peter, il dit que sa mère n'existe pas, il repousse même les caresses de Wendy, son amoureuse, il se rase tous les poils qui lui poussent, il refuse de grandir Peter, il veut pas de ça, et s'invente un Pays des Possibles.

Fâchés, drame

vendredi 21 mars, à 18h30

Fâchés est une histoire de rupture. C'est le moment des manifestations contre « le mariage pour tous », leurs répercutions dans les petites villes de province. Il y a Barthélémy et Réginald, eux se sont rencontrés au lycée. Ils ont toujours vécu ensemble. A l’heure de l’âge adulte et de la décision ultime de l’engagement, leur couple vacille. Ils évoluent entre deux temps, leurs vingt ans, et quelques années après, quand leur situation s’est améliorée, et que la question d’une nouvelle page se pose. Barthélemy travaille chez MacDonald, et Réginald est devenu garagiste. Édith et Antoine sont mariés depuis vingt ans, ils dirigent le Garage Mésange. Ils évoluent dans un brouillard confus de souvenirs inégaux. Tous les quatre sont au bord de la faille, sur une crête entre le bonheur et la béance.

Les brigades fabulistes de l'Ecole de la Porte d'Eau de Dk

Avec deux classes de l'école, nous avons travaillé l'oralité, comment dire un texte, le considérer comme une partition de sens, de musique, qui se respire, à qui il faut donner un rythme.

Nous avons donc mis en scène les fables de la Fontaine, de façon rigolote, j'en ai profitéJean_de_La_Fontaine.PNG pour leur parler du fameux CASITGAT RIDENDO MORES, corriger les mœurs par le rire, cher à notre ami Molière.

Leur parler de l'engagement d'un auteur, du message que l'écrivain veut faire passer à ses contemporains. Bref, nous avons compris que l'écrivain dans sa pratique, est un être politique.

J'ai bien évidement insisté sur comment un texte devait non seulement être mis en bouche mais également mis en corps. Comment quand je dis un mot, je peux faire apparaître tout un paysage... 

Avec nos brigades, nous sommes partis en mission secrète, les groupes ont envahi toutes les classes de l'école (les instit' étaient dans la confidence...), à la surprise général de tous leurs camarades, qui ont profité du spectacle.

Petites vidéos de répétitions en suivant les liens ci-dessous :

1) http://payon.theatre-contemporain.net/public/payon/brigades.mp4

2) http://payon.theatre-contemporain.net/public/payon/les_brigades_fabulistes_de_l_ecole_de_la_porte_d_eau.mp4

La farce du Reuze terminée !

Trois classes de l'école de Cappelle-la-Grande  ont réécrit la légende du Reuze, qui est à l'origine de la création de Dunkerque :

La farce du Reuze

1) 

Le didascale. - Au temps du Roi Dagobert, au bord de la mer du Nord, il y avait le village de Mardyck où vivaient d'humbles pêcheurs.

Un beau matin brumeux, le sentinelle vit sur la mer s'approcher d'énormes drakkars.

2)

Le sentinelle. (sur la tour du guet, en panique, il crie en sonnant les cloches) - Invasion ! Invasion ! D'énormes drakkars nous envahissent !

Attention, préparez-vous à vous défendre ! 

Le didascale. - Pendant ce temps, les vikings avancèrent en poussant leur cri de guerre et en brandissant leurs machettes aux manches sculptés dans des bois de cerfs.

Les vikings. - Kooltoonah ! Makalavadah ! 

3)

Le didascale. - Les vikings sautèrent de leurs drakkars pour pénétrer dans Mardyck. (Là, on fait une ellipse !) Sur la place du village, ils décapitèrent les pêcheurs à tour de bras.

Le corps du forgeron se revisse la tête de la marchande et inversement.

La tête de la marchande sur le corps du forgeron. - Je suis musclée pour une fois ! La musculation a porté ses fruits ! 

La tête du forgeron sur la corps de la marchande. - C'est à en perdre la tête !

Le bûcheron. (se faisant écarteler) - Je constate avec une douleur insupportable que ma cage thoracique se brise lentement.

4)

Le didascale. - Après avoir pillé le village, les vikings se dirigèrent vers la maison du chef Miloock Arbock pour que celui-ci leur indique où se trouve le coffre-fort du village.

Allowyn. - Je m'appelle Allowyn, le terrible, pourfendeur des mers. C'est moi, le chef des Reuzes, nous venons de Norvège pour agrandir notre territoire et notre puissance !!!  (rire diabolique) Indique-moi où est ton trésor sinon tu périras dans d'atroces souffrances impitoyables !

Miloock. (attaché sur sa chaise) - Je sais plus, vraiment, c'est que j'ai une mémoire de poisson rouge, c'est vrai, je le jure !

Allowyn. - Le coffre ou la mort !

Miloock. - Bah euh... Bah euh...

Allowyn. - On ne discute pas avec Allowyn...

Le didascale. - Et là, Allowyn, fou de rage, fouetta le chef Miloock jusqu'au sang !

La femme du chef. - Arrêtez, ne maltraitez pas mon choupinou d'amour ! Je vais tout vous révéler !

Miloock. - Non, chérie, NON !!!

Allowyn. (sur un ton machiavélique) - Dépêche-toi ou sinon la mort t'attend !

La femme. - Le coffre-fort est à Dungroote ! Pitié, pitié !!! Ciel, mon mari !

Le didascale. - "Dun", la dune, et "Groote", la grotte, le coffre-fort était donc planqué dans une grotte au bord de la mer du Nord, les vikings n'eurent guère du mal à le trouver !

5)

Le didascale. - Après avoir pillé le village de fond en comble, les vivres viennent vite à manquer, et pour cause, à part piller et tuer, nos braves vikings ne savaient pas faire grand chose...

Devant un champ de blé : 

Viking 1. - Qu'est-ce qu'il faut faire ?

Viking 2. - Il est où le mode d'emploi ?

Le didascale. - Et non loin de là, un viking essaie de traire un taureau, celui-ci se fait charger grave...

Allowyn. - Vous ne savez rien faire bande de goinfres, il n'y a plus rien en stock, partons dans d'autres villages piller leur garde-manger et leur cervoise !

6)

Allowyn. (Tout saoul) – Bon sang de bonsoir , j' vois double ! J'suis où ? J'ai envie de tabasser tout l' monde ! I' sont où les arbres ? J'ai envie de …

Sous un arbre, il se soulage, une pomme tombe et l'assomme. Il chute et se blesse de son épée.)

Allowyn. - Ouille, ma cuisse, Rhabalah Goodie !

Le didascale. - Derrière les arbres, les pêcheurs observent Allowyn et décident de passer à l'attaque.

Les pêcheurs. – Ennemi à terre, massacrons ses hommes et déchaînons-nous sur Allowyn !

Le didascale. - Changement de situation, les pêcheurs reprennent le dessus sur Allowyn et ses hommes.

7)

Le didascale. - A ce moment là, Saint Eloi, un pote au Roi Dagobert, débarque à Mardyck pour aller se baigner dans les eaux fraiches, et il constate la situation.

Saint Eloi. - Laissez-le tranquille, qu'est-ce qui se passe ici ? Ce pauvre homme est à terre !

Les pêcheurs. (s'opposent)- Et alors ? Il a tué nos enfants et capturés nos femmes !

Saint-Eloi. - Ce n'est pas une raison pour frapper un homme à terre sans défense ! Laissez-le moi, je sais ce que je vais en faire.

8)

Le didascale. - Ainsi, durant deux semaines, Eloi s'enferme avec Allowyn et le change en bonne personne. Afin qu'Allowyn reste gentil et soit heureux, Eloi envoie un pêcheur chercher la plus belle fille du village pour qu'ils se marient et aient beaucoup d'enfants. Avec des yeux grands ouverts, les villageois assistent à la scène.

Allowyn. - Je suis désolé d'avoir assassiner vos familles, et nous allons reconstruire ensemble une forteresse et une nouvelle ville pour vivre heureux et en paix tous ensemble.

Poème saturé

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Voici  un petit poème en mode poésie faciale, que j'ai écrit pour le projet commun, avec les autres artistes du CLEA.


il y a le sable - il y a la douceur - et du sable - et de ta peau - du sable sur ta peau - quand ma main passe sur ta peau, avec le sable, ça te gratte ? - ça t’exfolie ? - ça te mange les petites peaux mortes ? - ça te gratte ? - il y a le sable ici - la douceur - les pieds qui s'enfoncent dans la douceur - tu connais ça ? - le sable ça sent particulier le sable chaud, non ? - ça sent tous les pieds enfoncés dans le sable depuis des millénaires - j'aimerais être une petite bête qui vit dans le sable - pour être dans tes cheveux - et sur ta peau je me ferai griller avec le monoï - ça serait enivrant - ça serait ma drogue - j'aimerais être une petite araignée transparente - un acarien - j'aimerais être une petite bête de sable pour manger toutes les petites peaux mortes entre tes orteils - j'aimerais ça - par dessus tout 

quand j'étais petit je n'aimais pas ça le sable - je rêvais de galets ronds que je pouvais peindre - je faisais des pieuvres, je rêvais de kraken géant aux tentacules qui me goberaient les testicules - un kraken un brin kawaï amateurs de castagnettes - un kraken craquant un brin coquin - un poetic kraken quoi - plus tard, à Torre de Lago, j'ai goûté la salade de poulpe et j'ai adoré - j'ai adoré la texture caoutchouteuse de cet invertébré qui ployait sous l'effet dévastateur de ma mastication - shark shark - je mâchais le kraken adoré de mon enfance

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je disais que je n'ai jamais aimé le sable de mon enfance - il s'insinuait partout et je n'aimais pas ça, vraiment pas, il s'insinuait sous les ongles, dans les oreilles, partout dans les boucles blondes de mon enfance - j'étais un chérubin couvert de sable et je n'aimais pas ça - le sable de mon enfance qui s'insinue dans le maillot de bain qu'on me forçait à mettre arrivé à l'âge de plus montrer son kiki - le sable qui s'insinue dans le kiki - entre le gland et le prépuce - j'étais effrayé - vraiment très effrayé je me disais qu'avec le sable dans mon kiki je risquais un orgelet de kiki alors ça me faisait vraiment peur pour mon kiki - un jour ma mère a eu un orgelet - pas un orgelet de kiki non mais un orgelet orgelet quoi - et ma maman qui d'habitude est le portrait glaviot de Mylène Farmer - je suis vachement fier - ma mère était devenue une putain de mongol de Tchernobyl - putain elle était toute difforme genre manque de chromosomes qui vont bien pour te payer une tête quoi - et ma mère elle s'avait juste baigné et que du sable (même pas du sable mais juste un seul putain de grain de sable kamikaze s'avait glissé dans sa peau pierre) - j'aime pas ça le sable - j'aimais pas ma mère non plus avec sa tête de mongol - avec son oeil en poupée gigogne qu'on aurait pu en cacher 15 dedans - les uns dans les autres là en chantant Libertine - la honte - le sable c'est la honte - c'est putain honteux le sable - le sable impudique se glisse là avant les autres - et ce qui me faisait peur - vraiment très peur - c'est que le sable impudique de mon enfance - c'est des morceaux de dinosaures - des dinosaures c'est pires que le kraken kawaï de mon enfance - des dinosaures c'est des reptiles géants qui devaient foutre les j'tons à mort - des putains de j'tons de chocottes de mes couilles - le sable c'est des putains de cadavres de T-Rex fossilisés réduit en poudre par la force miraculeuse et complètement ouf de Dame Nature - une force miraculeuse qui a lyophilisé ces putains de Longs Coups, de Trois Cornes de mes couilles - qui les a lyophilisé et qu'après ces putains de Dino se glissent dans ma teub ça oui ça fait peur à l'enfance de moi - je suis un chérubin violé par un T-Rex et tout le monde s'en fout et ma mère me laisse me faire tripoter par tout une putain de faune pré-pré-historique et tout le monde s'en fout - c'est des putains de tournantes de reptiles violeurs sur toutes les plages du monde et tout le monde s'en branle - moi je veux des galets ronds - des galets ronds et doux pour faire des dessins dessus et pour leur éclater la gueule au T-Rex de mes couilles - et ce que je dis pas - ce que je dis pas - c'est que le sable - le pire du sable violeur - c'est que le pire c'est dans le cul - tout le monde a putain toujours plein de sable dans le cul - et tout le monde s'en fout putain - tout le monde s'en fout de Denver là qui nous baise à tour de bras de ses petits bras verts et atrophiés de Dinosaure de merde - voilà c'est dit - voilà c'est dit j' te dit - alors non je viendrai pas à la plage plutôt aller cueillir des champignons dans une cave de Bagneux - enlève tes sales pattes -laisse moi tranquille putain - je vais à la piscine je te dis !

Table ronde autour des écritures pour la marionnette, à la Médiathèque Voyelles de Charleville-Mézières

Voici une petite tribune que j'ai lu lorsque j'ai été invité à parler de l'écriture (à visée) marionnettique autour d'une table ronde,en présence de Claudine Galéa, auteure, Anne-Françoise Cabanis, directrice du Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes et David Girondin Moab, metteur en scène de spectacles marionnettiques, ancien élève de l'ESNAM.


De ce que j'appelle pompeusement, l'écriture à visée marionnettique


Je ne crois pas qu'on écrive du théâtre, ou qu'on écrive de la marionnette...

On écrit pour le théâtre, en sa direction, l'auteur, le corps de l'auteur (qu'on oublie trop souvent) est tendu vers, fantasme le corps et le souffle des comédiens qui joueront ses mots, c'est un truc sensuelle l'écriture en fait.

(Ça, c'est Eloi Recoing, un traducteur et un marionnettiste qui me l'a apprit : à l'ENSATT, où avec lui nous étions à l'atelier traduction, il nous racontait comment son corps avait rencontrer le corps de Kleist, pendant qu'il traduisait l'oeuvre du poète allemand. Un devenir-autre, un devenir-monstre, parce que le corps de Kleist était inscrit dans ses oeuvres. Et Eloi, tellement plongé la tête, et tout le reste dedans Kleist, le corps d'Eloi, sa langue toute entière, ont alors opéré une mutation, d'Eloi, vers Kleist.)

Un truc de langue, de corps, un truc sensuel quoi.

Et on écrit avec la marionnette, avec l'idée d'elle, dans un coin de la tête, ou mieux encore, avec elle, en transportant son écritoire au plateau, ça c'est chouette, ça ça chamboulle les certitudes de l'écrivain, et c'est toujours bien de pas savoir, de plus savoir, quand on écrit, c'est des grands gars qu'on dit ça, Beckett, Michaux...

Moi je veux être un écrivain qui sait pas, et la marionnette, elle, elle sait toujours mieux que moi, elle me guide, elle me montre les possibles, elle m'ouvre la voix, elle m'invente, amoureuse, de nouveaux territoires pour ma langue, pour mon corps, et avec tout ça, je pense une dramaturgie c'est sûr, mais je suis nouveau, à chaque fois.

L'écriture à visée marionnettique opère un déplacement chez l'auteur, déjà, elle reterritorialise l'auteur dramatique au coeur même du théâtre, elle l'intègre pleinement au processus de création. La solitude de l'auteur n'existe plus.

Dans un processus de création marionnettique, il y a un va et vient constant du plateau à l'atelier de construction, pour harmoniser la marionnette à la proposition scènique. Quand un auteur est là, il y aura tout autant de va et vient du plateau à l'écritoire, le processus n'est pas texto-centré, l'auteur n'est pas sur son beau nuage blanc, non, il est là, les mains dans le cambouis marionnettique à essayer que sa langue colle, il co-construit la dramaturgie avec l'ensemble de l'équipe artistique, d'égal à égal.

C'est de l'écriture de plateau, et co-construire prend du temps, un temps fou.

Il y a je pense autant de process différents que de compagnies qui ont la chance d'avoir un faiseur de mots, un faiseur de présent (car l'écrivain dramatique ne fait que ça, du présent, il écrit pour permettre au comédien d'être ici et maintenant quand ils causent, sinon on s'ennuie).

La_grand_route.jpgL'auteur dramatique est un musicien, et quand il y a marionnette, évidemment il a de la chance, car la marionnette possède son rythme propre, je n'écris pas pareil, c'est pas la même langue qui sort quand un grand échalas érectile enfile une gaine, ou quand une comédienne manipule une robe de grand-mère (j'ai écrit pour des vêtements pendus sur une corde à linge).

Je m'égare, ce que j'aimerais vous causer, c'est de ça : la radicalité, c'est radical que doit être le début, la genèse d'une création. 

Je relève un peu deux grandes façons de faire marionnette :

1) Alors oui, des marionnettistes choisissent de monter des auteurs morts, (grand bien leur fasse), parce que les textes des auteurs morts sont bien vivants, et radicaux, et les marionnettistes adaptent leur écriture de la marionnette à la radicalité du texte.

2) Parfois c'est l'inverse, un marionnettiste a une envie de marionnette, il fantasme de tous ses membres une esthétique, un rapport plastique à l'objet marionnette, un rapport chorégraphique aussi, le marionnettiste est un danseur. Alors ça c'est banco, c'est radical.


Lors de l'écriture de mon texte "Le long de la grand'route" (http://www.lobtusobus.com/#!les-rencontres-de-lobtus-obus-/c23to), Cécile Vitrant, la metteuse en scène avait déjà toute l'esthétique en tête, elle a pu me dire, avant que je n'entre en écriture, quels seraient les objets pour lesquels j'écrirais. Elle avait des contraintes précises à me poser, et c'est à deux déjà, main dans la main, puis avec l'équipe artistique au complet, que nous l'avons traversée, la grand'route.

La marionnette est une écriture à part entière, une écriture plastique, chorégraphique. L'auteur de mots, avec la marionnette, est obligé d'accepter une sorte de deuil, un deuil joyeux, en acceptant que parfois, la marionnette n'a pas besoin de dire les mots pour faire passer les idées, en faisant image. Alors l'auteur coupe, réinvente, en voyant se déployer sous ses yeux les choses insoupçonnées de son écriture, que dévoile la marionnette.

Pour finir, je crois que la marionnette, objet mort, réclame à son manipulateur une force de jeu exceptionnel, je crois malheureusement que je suis un auteur de théâtre qui ne croit plus beaucoup aux comédiens, les pratiques sont trop cloisonnées, je rêve d'un comédien danseur, d'un funambule, comme dans "L'épître aux jeunes acteurs" d'Olivier Py (je suis encore jeune et naïf et j'espère bien le rester).

Le marionnettiste lui, opère un devenir-enfant, il joue, il danse, il joue vraiment, il est là dans ce rituel, il est là ici et maintenant avec son truc mort, il puise dans l'enfance de lui de quoi croire, de quoi nous faire croire à nous aussi qui le regarde, les marionnettistes qui ont dit mes mots à travers leurs marionnettes, leur ont donné ce que je cherchais, un corps, peut être un corps pour de faux ça c'est vrai, mais ils ont fait du ici et maintenant, et c'est ce que le théâtre doit faire, penser ensemble, ici et maintenant.

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